Dialecte vénitien

Tout Vénitien parle à la fois l’italien dit « standard » et le dialecte vénitien, qu’il considère à tous les effets comme sa langue maternelle.

A l’oreille, ce dialecte peut sembler d’une grande douceur ou bien d’une grande mollesse. Certains l’ont même qualifié de langue sans colonne vertébrale. En effet les consonnes sont peu marquées, et les consonnes doubles jamais prononcées. Le R est très particulier, pas franchement roulé, un peu anglais, un peu français.

Et le lexique est souvent bien différent de l’italien. Surtout quand ce qui est désigné n’existe qu’à Venise et doit donc forcément être exprimé en vénitien! Où, ailleurs qu’à Venise, trouve-t-on le caigo, ce brouillard épais de novembre qui isole du monde? Et les castraure, ces petits artichauts des îles, au goût légèrement saumâtre? Quant au goto, verre à vin qui remplit bien la main, il est fabriqué ici, à Murano.

Et si vous ne comprenez pas les mots qui courent dans les rues, ce qui s’échange à votre insu entre deux gondoliers, ne vous étonnez pas, c’est parce que vous êtes un foresto, un étranger qui arrive du fond obscur de la forêt, un sauvage, en un mot un barbare, égaré dans cette terre de merveilles et de civilisation qu’est Venise. Mais ne vous vexez pas. Au regard d’un Vénitien nous sommes tous des foresti, le reste du monde n’est qu’une immense forêt que Venise a renoncé à civiliser il y a bien longtemps.

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